(Quatorze heures quarante-six minutes)
M. Le Bouyonnec
:
Bonjour, merci d'être là. Alors, l’équipe économique de la coalition, après une
brève rencontre suite à l’annonce de la ministre Zakaïb, se montre extrêmement
déçue de la politique industrielle qui a été déposée,
parce que le Parti québécois n'a rien compris à notre situation économique et à
la situation de nos finances publiques. C'est le déploiement de l’État-providence à son meilleur, de l’interventionnisme d’État,
de la social-démocratie à toutes les sauces, et
surtout ce n'est pas du tout ce que le monde des affaires réclame depuis
des années, c’est-à-dire un environnement d’affaires qui permette de redonner
confiance aux investisseurs, entre autres, par la réglementation, entre autres,
par la formation professionnelle.
Dans les trois grands axes qui ont été
proposés par la ministre, d’abord, le premier axe, les entreprises vertes et
puis modernes, eh bien, on répète que ça ne peut pas se faire sans que nous
revoyions l’ensemble de nos crédits d’impôt, parce que ce qu'on fait là, pour
trois quarts de milliard, c'est de rajouter une couche de subsides
gouvernementaux, et l’État québécois ne peut
plus se le permettre, bien que l’intention soit bonne.
Au niveau de l’axe concernant les 300
gazelles, les 300 nouvelles entreprises que la ministre veut accompagner, que
la ministre veut materner, ce n'est pas le rôle du gouvernement.Ce n'est pas le
rôle du gouvernement de choisir les gagnants et les perdants, et, de toute
façon, elle ne trouvera pas 300 gazelles,
parce que les gazelles sont étouffées. Ce que nous voyons aujourd’hui, c'est
plutôt un gouvernement éléphantesque, là, plutôt que 300 gazelles dans le
paysage économique du Québec.
Le troisième axe, écoutez, on peut… simplement aussi, sur l’émergence de nouveaux
fleurons, on ne peut pas faire pire. Et d’ailleurs,
si vous regardez le premier alinéa, des plans régionaux d’intervention en
entreprise, si on prend ces plans régionaux d’intervention en entreprise, c'est
le programme «PIRE», c'est ce que le gouvernement nous propose, c'est pire.
Au niveau de l’innovation, on va répéter
qu’au-delà des tables de concertation nous avions proposé — avec nos
collègues ici, dans le cadre du Projet
Saint-Laurent — deux volets extrêmement
importants, que vous allez voir davantage dans la politique et le livre que va déposer notre chef. Pour relancer l’innovation au Québec, il faut faire ce qu'on
a proposé, c’est-à-dire créer des zones d’innovation — qui est déposé
par mon collègue Christian — et aussi réformer les crédits d’impôt à
la R&D pour permettre véritablement aux entreprises de travailler avec les
universités. Alors, bien qu’on parle d'innovation dans le programme de la ministre,
ça, c’est complètement absent des déterminants dont elle parle si bien, qui
permettraient de relancer notre économie.
Les autres grands
absents…On s’excuse, mais les autres
grands absents, Biotechpharma… Donc, il y a un
éléphant dans la pièce, mais les absents, Biotechpharma,
on n’en parle pas. On ne parle pas non plus de l’aéronautique, outre l’avion
vert. Intéressant, mais, bon, ce n’est pas un plan pour l’aéronautique.Les ressources,
mon collègue Bonnardel, François, ici, pourrait nous en parler, parce que le monde industriel, les exportations,
c’est aussi les ressources.
Et finalement
ce qu’on peut, en conclusion, simplement dire, là, le Parti québécois, dont la
première ministre se disait prête à gouverner l’automne dernier — nous sommes prêts à gouverner, nous avons un plan, nous sommes prêts à gouverner — un an
après, voici ce que nous avons comme politique industrielle.Puis, pour moi,
un peu, c’est la fable de la cigale et de la fourmi, où la cigale se trouva
fort dépourvue lorsque la bise fut venue et alla voir la fourmi pour
emprunter — ça, c’est le payeur de taxes, encore une fois,
là — s’est fait dire : Bien, écoutez, que faisiez-vous pendant les belles saisons? Je chantais.
Eh bien, dansez maintenant. Et ce qu’on
voit aujourd’hui, c’est que le gouvernement de la première ministre Marois est
en train de danser avec l’économie du Québec.
Le Modérateur
:Questions?
M. Laforest (Alain)
:
On laisse couler le navire? On met ça à la poubelle?
M. Le Bouyonnec
: Ce
plan-là?
M. Laforest (Alain)
:
Oui.
M. Le Bouyonnec
: Oui.
Oui, ce n’est pas un plan… Ce n’est pas ce que
demande l’entreprise privée. Regardez la réglementation, la taxe sur la masse
salariale, la formation de la main-d’oeuvre, le commerce électronique, hein?
3 % du produit intérieur brut pourrait être sauvé si le gouvernement
s’impliquait dans l’économie électronique. Donc, pour nous, de rajouter de
l’argent sans faire une réforme des crédits d’impôt et sans s’attaquer
véritablement aux déterminants, ce n’est pas une politique économique que nous
pourrions soutenir pour aucune considération.
M. Laforest (Alain)
:
Donc, on laisse l’économie du Québec aller dans le mur.
M. Le Bouyonnec
: Non,
on utilise ce que la Coalition avenir Québec a proposé, c’est-à-dire… Écoutez,
on a eu deux volets, je pense : zone d'innovation, réforme des crédits
d’impôt et redonner confiance, en travaillant,
justement, sur le climat d’affaires, en
travaillant sur la réglementation, par exemple, en faisant les amendements
demandés par mon collègue François au projet de loi
n° 43.Parce que ça, c’est
vraiment un élément extrêmement... On s’en est déjà parlé de ça, de ce que ça
fait en ce moment à toute l’industrie minière, ce projet de loi là, là. On voit
maintenant que les libéraux eux-mêmes se rangent un peu à notre opinion
là-dessus. Tant mieux, et c’est ça qu’il
faudrait faire pour l’économie du Québec.
(Fin à 14 h 51)