43e législature | 2e session

Transcription

Point de presse de M. Stéphane Le Bouyonnec, porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière d'économie et de commerce extérieur, et de M. François Bonnardel, porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de ressources naturelles

Version finale

Le jeudi 10 octobre 2013, 14 h 45

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Quatorze heures quarante-six minutes)

M. Le Bouyonnec : Bonjour, merci d'être là. Alors, l’équipe économique de la coalition, après une brève rencontre suite à l’annonce de la ministre Zakaïb, se montre extrêmement déçue de la politique industrielle qui a été déposée, parce que le Parti québécois n'a rien compris à notre situation économique et à la situation de nos finances publiques. C'est le déploiement de l’État-providence à son meilleur, de l’interventionnisme d’État, de la social-démocratie à toutes les sauces, et surtout ce n'est pas du tout ce que le monde des affaires réclame depuis des années, c’est-à-dire un environnement d’affaires qui permette de redonner confiance aux investisseurs, entre autres, par la réglementation, entre autres, par la formation professionnelle.

Dans les trois grands axes qui ont été proposés par la ministre, d’abord, le premier axe, les entreprises vertes et puis modernes, eh bien, on répète que ça ne peut pas se faire sans que nous revoyions l’ensemble de nos crédits d’impôt, parce que ce qu'on fait là, pour trois quarts de milliard, c'est de rajouter une couche de subsides gouvernementaux, et l’État québécois ne peut plus se le permettre, bien que l’intention soit bonne.

Au niveau de l’axe concernant les 300 gazelles, les 300 nouvelles entreprises que la ministre veut accompagner, que la ministre veut materner, ce n'est pas le rôle du gouvernement.Ce n'est pas le rôle du gouvernement de choisir les gagnants et les perdants, et, de toute façon, elle ne trouvera pas 300 gazelles, parce que les gazelles sont étouffées. Ce que nous voyons aujourd’hui, c'est plutôt un gouvernement éléphantesque, là, plutôt que 300 gazelles dans le paysage économique du Québec.

Le troisième axe, écoutez, on peut… simplement aussi, sur l’émergence de nouveaux fleurons, on ne peut pas faire pire. Et d’ailleurs, si vous regardez le premier alinéa, des plans régionaux d’intervention en entreprise, si on prend ces plans régionaux d’intervention en entreprise, c'est le programme «PIRE», c'est ce que le gouvernement nous propose, c'est pire.

Au niveau de l’innovation, on va répéter qu’au-delà des tables de concertation nous avions proposé — avec nos collègues ici, dans le cadre du Projet Saint-Laurent — deux volets extrêmement importants, que vous allez voir davantage dans la politique et le livre que va déposer notre chef. Pour relancer l’innovation au Québec, il faut faire ce qu'on a proposé, c’est-à-dire créer des zones d’innovation — qui est déposé par mon collègue Christian — et aussi réformer les crédits d’impôt à la R&D pour permettre véritablement aux entreprises de travailler avec les universités. Alors, bien qu’on parle d'innovation dans le programme de la ministre, ça, c’est complètement absent des déterminants dont elle parle si bien, qui permettraient de relancer notre économie.

Les autres grands absents…On s’excuse, mais les autres grands absents, Biotechpharma… Donc, il y a un éléphant dans la pièce, mais les absents, Biotechpharma, on n’en parle pas. On ne parle pas non plus de l’aéronautique, outre l’avion vert. Intéressant, mais, bon, ce n’est pas un plan pour l’aéronautique.Les ressources, mon collègue Bonnardel, François, ici, pourrait nous en parler, parce que le monde industriel, les exportations, c’est aussi les ressources.

Et finalement ce qu’on peut, en conclusion, simplement dire, là, le Parti québécois, dont la première ministre se disait prête à gouverner l’automne dernier — nous sommes prêts à gouverner, nous avons un plan, nous sommes prêts à gouverner — un an après, voici ce que nous avons comme politique industrielle.Puis, pour moi, un peu, c’est la fable de la cigale et de la fourmi, où la cigale se trouva fort dépourvue lorsque la bise fut venue et alla voir la fourmi pour emprunter — ça, c’est le payeur de taxes, encore une fois, là — s’est fait dire : Bien, écoutez, que faisiez-vous pendant les belles saisons? Je chantais. Eh bien, dansez maintenant. Et ce qu’on voit aujourd’hui, c’est que le gouvernement de la première ministre Marois est en train de danser avec l’économie du Québec.

Le Modérateur :Questions?

M. Laforest (Alain) : On laisse couler le navire? On met ça à la poubelle?

M. Le Bouyonnec : Ce plan-là?

M. Laforest (Alain) : Oui.

M. Le Bouyonnec : Oui. Oui, ce n’est pas un plan… Ce n’est pas ce que demande l’entreprise privée. Regardez la réglementation, la taxe sur la masse salariale, la formation de la main-d’oeuvre, le commerce électronique, hein? 3 % du produit intérieur brut pourrait être sauvé si le gouvernement s’impliquait dans l’économie électronique. Donc, pour nous, de rajouter de l’argent sans faire une réforme des crédits d’impôt et sans s’attaquer véritablement aux déterminants, ce n’est pas une politique économique que nous pourrions soutenir pour aucune considération.

M. Laforest (Alain) : Donc, on laisse l’économie du Québec aller dans le mur.

M. Le Bouyonnec : Non, on utilise ce que la Coalition avenir Québec a proposé, c’est-à-dire… Écoutez, on a eu deux volets, je pense : zone d'innovation, réforme des crédits d’impôt et redonner confiance, en travaillant, justement, sur le climat d’affaires, en travaillant sur la réglementation, par exemple, en faisant les amendements demandés par mon collègue François au projet de loi n° 43.Parce que ça, c’est vraiment un élément extrêmement... On s’en est déjà parlé de ça, de ce que ça fait en ce moment à toute l’industrie minière, ce projet de loi là, là. On voit maintenant que les libéraux eux-mêmes se rangent un peu à notre opinion là-dessus. Tant mieux, et c’est ça qu’il faudrait faire pour l’économie du Québec.

(Fin à 14 h 51)