43rd Legislature | 2nd Session

Transcription

Point de presse de M. Pierre Arcand, porte-parole de l'opposition officielle en matière de commerce extérieur, et de Mme Christine St-Pierre, porte-parole de l'opposition officielle en matière de relations internationales et de francophonie

Version finale

Le Tuesday 30 April 2013, 11 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Dix heures cinquante-sept minutes)

 M. Arcand: Alors, merci infiniment d'être présents aujourd'hui. Je pense qu'aujourd'hui il est très important de faire le point sur, évidemment, la question qui nous préoccupe beaucoup. C'est le possible déménagement de l'OACI, de l'Organisation pour l'aviation civile internationale qui, depuis 1944, est à Montréal. C'est un organisme tout à fait clé dans le développement économique mondial. Comme on l'a dit, on a appris au cours des dernières semaines que le siège social de l'OACI pourrait être déplacé à Doha, au Qatar, et ce, à partir de 2016. Le Qatar aurait fait une offre au conseil d'administration, qui consiste, notamment, en la construction d'un nouvel édifice ainsi qu'à l'exemption des employés de taxes, d'impôts, de paiements de dépenses d'exploitation.
Alors, il est très clair que, pour Montréal, c'est un élément extrêmement important et il faut que Montréal se mobilise actuellement. Il ne faudrait pas que le départ de l'OACI entraîne le départ d'autres sièges sociaux d'organisations internationales de Montréal. Je pense qu'il en va de la vitalité économique de notre métropole et de notre place sur l'échiquier international. Déjà, on a eu des déclarations qui ont été faites par le ministre fédéral de l'Industrie, M. Paradis, qui a dit: On va faire tout ce qu'il faut pour préserver ce joyau à Montréal. On a eu M. Baird également qui a eu l'occasion d'intervenir à ce niveau-là. Le ministre des Relations internationales du Québec, M. Lisée, lui, a dit qu'il était bien confiant, mais nous croyons qu'il y a vraiment quelque chose d'encore plus important à faire, parce qu'évidemment on parle de 191 pays qui auront à voter, et c'est un vote par pays.
Je laisserais donc maintenant à ma collègue la députée de l'Acadie expliquer ce que nous croyons que le gouvernement devrait faire, parce que le gouvernement du Québec ne doit pas laisser à Ottawa seulement la gestion, si on veut, du lobbying dans ce dossier. Il est fondamental que le gouvernement du Québec s'implique. Christine.

  Mme St-Pierre: Merci, Pierre. Alors, merci d'être parmi nous aujourd'hui. Je vous rappelle que M. Arcand est critique de l'opposition sur les questions de Montréal et du commerce extérieur, et moi, je suis critique de l'opposition officielle en matière de relations internationales et de francophonie.
Vendredi dernier, nous avons eu, à Montréal, un caucus de Montréal, un caucus sectoriel régional et, lors de notre caucus, nous avons manifesté notre grande inquiétude face à la situation de l'OACI, puisque l'OACI, comme vous le savez - on l'a vu dans les médias - pourrait envisager de déménager au Qatar.
Ce matin, vous voyez que plusieurs membres du caucus de Montréal sont avec Pierre et moi pour faire ce point de presse, et nous manifestions notre inquiétude. La réputation internationale de Montréal, bien sûr, n'est plus à faire, et la compétition cependant est très féroce entre les pays pour obtenir, évidemment, des organisations internationales de prestige. L'OACI, Pierre l'a dit, on l'a vu dans le médias, a été... s'est établie à Montréal en 1944, donc c'est un long parcours, c'est un long partenariat que nous avons eu avec l'OACI au fil des ans.
Ce matin, nous interpellons la première ministre du Québec, Mme Pauline Marois. Nous l'interpellons elle-même car cet enjeu est d'une grande importance. Son ministre, M. Jean-François Lisée, ministre des Relations internationales et responsable de Montréal, nous semble prendre la chose tout à fait avec désinvolture face à cette menace de déménagement. Nous sommes inquiets de voir le peu d'effort du gouvernement du Québec dans ce dossier.
Nous voulons que le gouvernement Marois nous dise s'il a élaboré une stratégie dans ce dossier et, si oui, qu'il dépose cette stratégie. Nous voulons savoir quels ont été les contacts avec les membres du corps consulaire de Montréal. Nous voulons connaître aussi quels ont été les contacts qui ont été établis avec les pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie. Nous voulons que le gouvernement Marois travaille de concert avec le gouvernement fédéral dans ce dossier et qu'il mette vraiment toutes les énergies disponibles pour faire en sorte de convaincre les membres de l'OACI de demeurer à Montréal. Nous voulons aussi qu'il mobilise tous les anciens premiers ministres du Québec pour qu'ils puissent établir des contacts avec nos partenaires internationaux et également nos partenaires internationaux qui sont dans le milieu des affaires.
Alors, le temps presse. Vous le savez, le temps presse. Septembre, c'est demain. L'OACI va se réunir en septembre prochain à Montréal, et c'est à ce moment que la décision va se prendre. Donc, ce matin, nos interpellons la première ministre, Mme Pauline Marois, elle-même.

M. Arcand: Je terminerais peut-être en disant, encore une fois... vous rappeler certains chiffres. Très important de se les rappeler. D'abord, l'OACI est dans un immeuble, à Montréal, d'une quinzaine d'étages. Montréal est le siège d'à peu près 65 secrétariats internationaux. Vous avez non seulement l'OACI, mais vous avez les pilotes de ligne, l'IATA, etc. Vous avez, à Montréal, une cinquantaine de consulats plus à peu près une trentaine de délégations commerciales, et ce qui fait de Montréal la deuxième ville consulaire en Amérique du Nord après New York. Alors, je pense que ce n'est pas rien.
C'est donc un pan institutionnel très important pour Montréal. Il y a un travail très important de lobby à faire. Il y a 191 pays. Le Québec se doit d'être présent, et, comme l'a dit Christine tout à l'heure, je pense que, simplement au niveau de la Francophonie actuellement, où le Québec joue un rôle majeur, eh bien, il y a 70 pays seulement dans la Francophonie. Alors, il y a urgence.

Mme St-Pierre: Alors, aussi on peut ajouter que Montréal est la troisième capitale de l'aérospatial après Toulouse et Seattle. L'OACI, ce sont 534 employés et 120 millions de dollars de retombées économiques.

Le Modérateur: On va passer à la période de questions. Paul Journet.

M. Journet (Paul): Bonjour. Vous voulez que le gouvernement dépose sa stratégie, mais est-ce qu'en faisant cela il ne va pas tout simplement ouvrir son jeu au Qatar? En quoi est-ce que ce serait une bonne idée stratégiquement de dire au Qatar tout ce qu'on veut offrir?

Mme St-Pierre: Bien, il faut que le gouvernement du Québec se fasse rassurant dans ce dossier. On entend dire, de la part de M. Lisée, que la Belgique et les États-Unis appuient le Canada, et c'est tout. L'OACI, c'est beaucoup de membres, et il faut qu'il nous dise comment il entend déployer ses énergies pour convaincre l'OACI de demeurer à Montréal. Le gouvernement du Québec est aussi partenaire dans le dossier de l'OACI, il n'y a pas que le gouvernement fédéral.

M. Arcand: Et, si je peux me permettre, M. Journet, il n'est pas impossible également que le Qatar, si le travail de lobby est bien fait, ce n'est pas impossible que le Qatar se retire avant le mois de septembre. Singapour l'avait déjà fait dans le passé, ce n'est pas la première fois que Montréal est sujet à un défi comme celui-là. Sauf que je reprendrai, encore une fois, la phrase de l'ancien président-directeur général d'Air Canada, M. Jeanniot, qui a dit: Cette fois-ci, là, c'est vraiment un élément extrêmement sérieux, c'est une offre extrêmement sérieuse qui a été faite par le Qatar. Ils ont beaucoup d'argent, et moi, je pense qu'on ne peut pas seulement dire tout simplement: Bien, vous savez, les États-Unis, la Belgique, la France sont de notre côté, donc tout est réglé. S'il y a 191 pays, ça veut dire qu'il en reste 188 auxquels il faut faire le lobby actuellement.

Mme St-Pierre: Et le Québec joue un rôle très important au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie. Je pense que c'est l'endroit idéal où le Québec aussi peut intervenir auprès de ces pays membres et faire en sorte que ces pays nous assurent de leur appui dans le dossier de l'OACI.

M. Journet (Paul): Sauf erreur, les avantages fiscaux, en ce moment, s'élèvent à 80 %. Le Qatar offre 100 %. Est-ce qu'il faudrait offrir plus? Est-ce qu'il faudrait aller jusqu'à 100 %, comme le fait le Qatar, selon vous?

Mme St-Pierre: Bien, c'est au ministre des Relations internationales et à la première ministre d'établir leur marge de manoeuvre, mais je pense qu'ils doivent absolument s'asseoir avec le gouvernement fédéral et voir quelles sont les discussions, les négociations qui peuvent être faites avec les pays membres de l'OACI et faire en sorte qu'on... on veut, nous, connaître exactement ce que le gouvernement entend faire dans ce dossier-là.
Quand vous disiez: Il pourrait mettre toute sa stratégie sur la table, ce qu'on veut savoir, c'est qu'est-ce qu'il veut faire, puis quels sont les contacts qui ont été faits et comment il entend travailler de concert avec le gouvernement fédéral.

Le Modérateur: Louis Gagné

M. Gagné (Louis): Oui. Certains ont avancé que les relations parfois houleuses entre le gouvernement Harper et l'ONU pourraient éventuellement nuire à Montréal. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette analyse-là?

M. Arcand: Je pense que, premièrement, ce qu'il est important de souligner, c'est qu'il y a un travail de lobby à faire. Vous savez, dans les pays du monde - j'ai eu l'occasion d'exercer la fonction de ministre des Relations internationales - évidemment, il y a des pays qui ont des échanges commerciaux. Il y a des fois où ça va, des fois ça va moins bien. Tout le monde... on en a eu même avec nos... des pays amis comme les États-Unis.
Alors, je ne pense pas qu'il faut voir ça comme étant nécessairement un élément. Je pense qu'il y a un travail de rapprochement qui doit être fait. Je pense que le Québec a un rôle à jouer, contrairement à ce qu'on laisse un peu supposer, que c'est le rôle d'Ottawa seulement. Je pense que le Québec aide l'OACI, contribue financièrement. Il y a toutes sortes d'ententes, que ce soit pour les permis de conduire, pour les employés, la Régie de l'assurance maladie, etc. Il y a un rôle très important. Puis Montréal International finance aussi en partie l'OACI, le gouvernement du Québec aide Montréal International. Alors, ce n'est pas rien, l'impact que le gouvernement du Québec a dans ce dossier. Alors, je pense qu'ils sont pleinement justifiés de jouer leur rôle.

Mme St-Pierre: Nous avons des délégations à l'étranger, nous avons des bureaux à l'étranger. Il faut que le gouvernement envoie le message également à ceux et celles qui sont en poste à l'étranger pour qu'ils fassent le travail auprès de ces pays. Il faut vraiment, vraiment mettre tout en oeuvre, et c'est une question de réputation pour Montréal. Montréal a une réputation qui est très enviée sur la scène internationale, et je pense que c'est très important de maintenir ce calibre international à Montréal. Perdre l'OACI, à notre avis, ce serait vraiment, vraiment catastrophique, non seulement pour Montréal, mais pour le Québec et le Canada. Et nous, de l'opposition officielle, nous offrons notre collaboration parce que nous avons des contacts avec les pays sur la scène internationale.
Il y aura une motion, cet après-midi, qui sera déposée par la CAQ. Elle l'a été la semaine dernière, mais le vote est reporté aujourd'hui, et nous sommes partenaires dans cette motion à l'Assemblée nationale, cet après-midi. Alors, ce que nous cherchons aussi, c'est un vote unanime à l'Assemblée nationale et montrer que nous sommes... nous parlons d'une même voix.

M. Gagné (Louis): Et vous avez dit que le gouvernement québécois semblait tarder à agir, est un peu mou. Est-ce que ce n'est pas un jugement un peu hâtif, sachant que ça fait juste une semaine que ça a été révélé, justement, que le Qatar faisait des représentations pour avoir le siège social de l'OACI?

M. Arcand: C'est parce que, comme vous le savez, le vote est au mois de septembre. Et là on est rendus... pratiquement, là, on est rendus au mois de mai. Et donc, il y a un défi majeur, et faire... Moi, pour l'avoir fait par le passé, parce qu'on essaie... Nous, le rôle qu'on a à faire, c'est souvent un rôle de lobbying. On l'a fait pour l'hydroélectricité aux États-Unis, par exemple, on a eu l'occasion de le faire à plusieurs reprises. C'est un travail de longue haleine. Alors, notre message au gouvernement: Il n'y a pas de temps à perdre.

Mme St-Pierre: On se serait attendus à un point de presse non seulement du ministre des Relations internationales, mais également de la première ministre, dans ce dossier, un point de presse où, clairement, la première ministre et le ministre des Relations internationales établissent quels sont les gestes... nous disent quels sont les gestes qu'ils entendent faire. C'est ce à quoi on s'attendait dès que cette nouvelle est sortie. Et ce qu'on a eu, c'est un scrum dans le milieu d'un corridor, de la part du ministre, parce que vous avez posé des questions. Si vous n'aviez pas posé de questions comme membres de la Tribune de la presse, je pense qu'on n'aurait eu aucune déclaration du ministre sur cette question-là.

Le Modérateur: Martin Ouellet.

M. Ouellet (Martin): Bonjour, mesdames messieurs. Vous parliez tout à l'heure d'établir... l'importance d'établir des contacts à l'étranger. Vous parliez aussi de votre expérience à l'étranger. Vous avez des contacts. Est-ce que quelqu'un... une personnalité comme Jean Charest, par exemple, qui est disponible présentement, pourrait avoir un mandat du gouvernement à ce sujet-là?

M. Arcand: Moi, je pourrais vous répondre tout simplement: Pas seulement... Il y a M. Charest, mais il y a également d'anciens premiers ministres. On sait que nos anciens premiers ministres, plusieurs en tout cas, ont une expérience très pertinente dans le secteur international.
Moi, encore une fois, puis Christine, ce que l'on remarque, c'est qu'il n'a pas l'air à y avoir un sentiment d'urgence actuellement de la part du gouvernement du Québec. C'est Ottawa qui va s'en occuper, ça devrait bien aller, on n'a aucun rôle à jouer. Quand on sait simplement, au niveau de la Francophonie, le rôle majeur que le Québec joue et quand on sait qu'en Francophonie il y a 70 pays, je pense que c'est assez clair qu'il y a quelque chose à faire là.

M. Ouellet (Martin): Mais, en même temps, vous comprenez que le gouvernement ne peut pas ouvrir son jeu puis donner au Qatar tous les outils pour y répliquer. Alors, au fond, est-ce que vous...

Mme St-Pierre: Bien, le gouvernement peut être rassurant et nous dire qu'il entrera en contact ou qu'il entre en contact avec les pays et qu'il fait son travail. On n'a eu aucun point de presse sur cette question. On a eu... Tout ce qu'on a eu, c'est une phrase dans un scrum dans le coin d'un corridor. C'est tout ce qu'on a eu de la part du ministre des Relations internationales.

M. Arcand: Je pense qu'on a une obligation de résultat.

Le Modérateur: Hugo Lavallée, Radio-Canada.

M. Lavallée (Hugo): Oui. Vous pressez le gouvernement du Québec de s'allier avec le gouvernement fédéral pour faire valoir le point de vue du Québec, mais, si je ne m'abuse, M. Lisée disait avoir déjà parlé avec des homologues fédéraux. On en a entendu déjà, je pense, M. Lebel qui s'est prononcé sur cette question-là entre autres. Qu'est-ce qui vous fait croire qu'il n'y a pas déjà effectivement des démarches qui ont été entreprises entre les deux gouvernements?

Mme St-Pierre: Bien, c'est justement ce qu'on veut savoir. Qu'il le dise.

M. Lavallée (Hugo): Et en ce qui concerne les nombreux avantages financiers que le Qatar offre, est-ce que ce n'est pas un peu perdu d'avance? Parce que c'est un État qui est extrêmement riche, qui a beaucoup d'argent, qui peut offrir des avantages fiscaux de toutes sortes. Est-ce qu'on peut vraiment faire le poids dans un contexte de finances publiques précaires?

Mme St-Pierre: Mais nous offrons une qualité de vie. Il y a une qualité de vie au Canada, il y a une qualité de vie à Montréal. Il y a des avantages à vivre en Amérique du Nord, et ça, nous l'offrons également, et le Québec et le Canada font des efforts, c'est vrai, jusqu'à un certain point. C'est à eux de décider leur marge de manoeuvre et de faire valoir les avantages de demeurer à Montréal. Il faut qu'ils fassent ce travail de terrain, ce travail de persuasion.

M. Arcand: Vous savez, quand on a parlé de l'hiver par exemple, on a dit: Ah! À Montréal, il y a un hiver rigoureux. Mais, au Qatar, je peux simplement vous dire que, pendant des bonnes périodes de l'année, là, il fait 45°. Alors, qu'est-ce qui est le mieux: un peu de neige ou une température à 45 °C comme ça se produit assez régulièrement? Qu'est-ce que c'est, la meilleure qualité de vie? C'est pour ça qu'il y a un rôle de lobby à faire de ce côté-là.

Mme St-Pierre: Il y a 534 emplois en jeu, 120 millions de dollars de retombées économiques.

Le Modérateur: En anglais, Rhéal Séguin.

M. Séguin (Rhéal): What impact would a decision like this have on Montréal's reputation? 

M. Arcand: I think it would have a very important impact. I think it would be disastrous for Montréal to have this kind of decision because, again, we are talking about, in Montréal, 65 international organizations that exist right now in Montréal. Montréal is a city that, in terms of diplomacy, is not as important as New York, but second after New York in North America, which is rather significant. So I think that it would be terrible for Montréal to have this kind of decision, because, I'm sure, it would have an impact not only on the 500 or 600 jobs we're talking about, but it would have an impact on thousands of jobs in the future. And that's why it is so important for the Government to take hold of the situation and make sure that we fight to keep the organizations in Montréal.

Mme St-Pierre: And we want «aussi» Premier Marois being a leader in this matter. It is so important to make sure that we have discussions, we have talks with other countries. And what we see now, it's nothing.

M. Séguin (Rhéal): It seems to me this would be a role Ottawa should be playing and not just in... and Québec's role in all this would be quite minor. Don't you agree?

M. Arcand: Well, again, what we've said, we've said, first of all, in terms of financing this organization, Québec has a role to play. Already it is there. Second, Québec, just with «la Francophonie», as you know, we're talking about 70 countries around the world that are members of «la Francophonie», where Québec can have direct access. So Québec has a role to play on that.
And of course we have been friendly with many of those countries - we're always friendly with all of those countries, I would say - and it is very important that we play our role. We have been developing and we have been proud, as Quebeckers, to develop our own diplomacy, in conjunction with the federal Government. We've been doing that. We've been having, like Christine said, delegations all around the world. It's time for those delegations to come up with some action plan, and the lead has to come from the Québec Government.

 M. Séguin (Rhéal): A question earlier was about Mr. Charest as a potential ambassador to influence. Do you actually see him...

 Mme St-Pierre: Not only Mr. Charest. Mr. Landry, Mr. Bouchard, Mr. Johnson.

M. Arcand: Yes. Mr. Johnson has a lot of contacts with European countries right now, maybe he could be of help. We just feel that there is a need for urgency.

Mme St-Pierre: C'est un beau moment pour montrer à quel point tout le monde est capable de travailler main dans la main dans ce dossier-là, autant le gouvernement du Québec et le gouvernement du Canada, nous, des partis de l'opposition, et d'établir tous les contacts possibles pour que les personnes qui ont les contacts puissent également relayer le message.

M. Arcand: So far, what we have seen is a lack of leadership on the part of the Québec Government.

Mme St-Pierre: Merci.

(Fin à 11 h 16)