(Onze heures quinze minutes)
Mme
Maltais :
Alors, bonjour, tout le monde. Le Conseil du statut de la femme, c’est un
phare. Il est là depuis des années pour éclairer la voie aux Québécoises et aux
Québécois pour atteindre la pleine égalité entre les hommes et les femmes. Je
le connais, moi, depuis longtemps, depuis mes relations amicales avec Claire
Bonenfant. Et j’ai connu ses nombreuses et successives présidentes : Diane
Lemieux, Christiane Pelchat, l’autre Diane. Il y a eu… Et il y a maintenant Mme
Julie Miville-Dechêne.
Depuis 2008, le Conseil
du statut de la femme a tracé la voie. Il y a eu deux avis successifs, en 2008
et en 2011, qui ont dit : Il faut aller vers la laïcité. C’est sûr que ces
avis ont inspiré le gouvernement. Maintenant, le Conseil des ministres,
mercredi, a nommé, au conseil d’administration du Conseil du statut de la femme,
quatre femmes solides, expérimentées, avec des expériences très diverses,
diversifiées, qui, je pense, vont être d’un apport important au Conseil du
statut de la femme. Ces quatre femmes, comme tous les membres du Conseil du
statut de la femme, ont toute liberté d’action et de parole, tant à l’intérieur
qu’à l’extérieur du Conseil du statut de la femme. Il ne saurait en être
autrement. Alors, si quelqu’un se demande si elles pourraient ou devraient
faire des études pour aller plus loin dans les avis qu’elles ont déjà déposés, eh
bien, c’est à elles d’en décider. Et si c’est un beau projet et si ça peut
éclairer encore mieux la société québécoise, pourquoi pas? Pourquoi pas? Mais c’est
à elles d’en décider, et je n’interviendrai jamais là-dedans.
Mme Miville-Dechêne a senti une ingérence
dans les nominations. Ce sont ses propres mots. Ces nominations sont dans la
continuité historique du Conseil du statut de la femme, tant par leurs qualités — personne
ne conteste la compétence de ces quatre femmes — que par le fait
qu’elles sont dans la continuité historique des avis du Conseil du statut de la
femme. Alors, je souhaite maintenant à Mme Miville-Dechêne de continuer à travailler
en toute sérénité, après ses mots, en toute sérénité avec ce conseil d’administration,
qu’elles tirent le meilleur d’elles-mêmes, au pluriel bien sûr. Merci.
Mme Lajoie (Geneviève) : Mme
Maltais, ont-elles encore, les quatre nommées, ont-elles encore l’indépendance
requise, puisqu’elles se sont prononcées publiquement sur la charte, pour
siéger au Conseil du statut de la femme?
Mme
Maltais : Tout à
fait. J’espère que toutes les femmes qui sont au conseil d’administration du
conseil ont des opinions, qu’elles les assument, qu’elles vont les porter.
Mais, comme je vous l’ai dit, ces quatre femmes sont dans la continuité
historique des avis du Conseil du statut de la femme. Ces quatre femmes
arrivent après les avis du Conseil du statut de la femme. Si elles veulent maintenant
regarder la situation, c’est leur choix.
Des voix : …
Mme
Maltais : Je
m’excuse, je n’entends pas…
M. Ouellet (Martin) : Comment
ne pas y voir comme une tentative de paqueter le conseil pour qu’il se prononce
selon l’avis du gouvernement?
Mme
Maltais : L’avis du
Conseil du statut de la femme est là depuis 2008. Il y a deux avis qui ont été
déposés, 2008 et 2011. Alors, ces femmes sont dans la continuité historique du Conseil
du statut de la femme. Si elles veulent revoir… si tout le conseil — elles
sont 18, hein, 18, 18 membres, dont 11 votantes — si elles veulent
revoir l’avis, c’est leur décision. Si, comme le demande Mme Miville-Dechêne,
parce que c’était sa principale demande, hier, que j’ai entendue, si elles
veulent faire les études pour comprendre mieux l’impact de ce que nous
proposons, eh bien, qu’elles le fassent. Elles n’ont aucune commande, aucun mot
d’ordre. M’imaginez-vous donner un mot d’ordre à Lucie Martineau? Oh boy!
M. Dutrisac (Robert) :
Pourquoi avoir nommé quatre femmes qui partagent les mêmes vues sur la laïcité?
Pourquoi ne pas avoir nommé des gens avec des avis, disons, peut-être plus
diversifiés?
Mme
Maltais : Parce que
c’est la continuité historique du Conseil du statut de la femme. Le Conseil du
statut de la femme a sorti deux avis. C’étaient des conseils nommés par le
Parti libéral, ce n’était pas par nous. En toute indépendance, en 2008 et en
2011, le Conseil du statut de la femme a statué sur la laïcité. Alors, on a
envoyé des gens, des femmes fortes, solides, chacune dans leur domaine de
compétence qui est demandé par la consultation qui a eu lieu, entre autres une
chef syndicale. Comment refuser quand on a la proposition qui arrive de Lucie
Martineau, présidente du SFPQ? Cette femme-là, moi, je pense, pour tous les
débats qui vont avoir lieu au Conseil du statut de la femme, si elle désire
être là, mérite d’être là.
M. Poinlane (Pascal) : …au
cours des dernières heures, Mme Maltais, personnellement appelé Mme Julie
Miville-Dechêne pour lui parler de la charte?
Mme
Maltais : Je l’ai
appelée, parce que j’avais demandé à la rencontrer avant le dépôt de la charte,
parce que je voulais absolument qu’on en jase, c’est normal, et pour d’autres
projets. Alors, oui, j’ai eu une discussion avec elle au téléphone. Ça n’a pas
été le moment le plus facile ni pour l’une ni pour l’autre, mais en aucun cas,
en aucun cas, je n’ai passé de commande à Mme Miville-Dechêne.
M. Poinlane (Pascal) : Mais
elle a senti de la pression, elle a senti de l’ingérence, elle l’a dit hier.
Mme
Maltais : Je suis
désolée si elle l’a senti, je n’en ai pas fait.
Des voix : …
La Modératrice : Je m’excuse,
Tommy Chouinard.
M. Chouinard (Tommy) : Mme
Maltais, en 2008 puis en 2011, comme vous dites, le Conseil du statut de la
femme disait : On est pour l’interdiction de signes religieux ostentatoires
dans la fonction publique. C’est ça dont vous parlez…
Mme
Maltais : Tout à
fait et plus loin, même…
M. Chouinard (Tommy) : Là,
vous dites que vous avez choisi… s’il vous plaît…
Mme
Maltais : Ils
voulaient même isoler plus loin encore le conseil.
M. Chouinard (Tommy) :
D’accord. Est-ce qu’on doit comprendre que vous avez choisi quatre personnes
qui respectaient intégralement… sur la base de leur opinion sur ces avis-là?
Mme
Maltais : Ce n’est
pas sur la base de leur opinion. À travers les… Les personnes qui sont là sont
les personnes qui, à mon avis, sur plein de sujets, sont les personnes qui sont
d’une haute compétence, d’une très haute compétence.
M. Chouinard (Tommy) : Non,
mais vous dites : C’est dans la continuité des avis, donc…
Mme
Maltais : Je dis
que je suis consciente que les personnes que j’ai nommées sont tout à fait dans
la continuité historique, mais je n’aurais pas nommé n’importe qui pour ça. La
présidente du SFPQ, ce n’est pas n’importe qui. Julie Latour, ce n’est pas
n’importe qui. C’est des gens qui méritent d’abord d’être là. Le premier
critère, c’est la compétence, c’est la force, c’est l’apport qu’elles peuvent
amener à la réflexion sur la situation de la femme québécoise sur plein de
sujets, sur plein de sujets.
Maintenant, je suis consciente qu’elles
sont dans la continuité historique de ces avis. Il n’y a pas de problème.
M. Chouinard (Tommy) : Mme
Maltais, est-ce que vous reprochez à Mme Miville-Dechêne de ne pas s’inscrire
dans la continuité historique des avis du Conseil du statut de la femme?
Mme
Maltais : Mme
Miville-Dechêne, jusqu’ici, ne s’est pas située à l’encontre des avis. Je pense
que c’est au Conseil du statut de la femme de revoir cette décision si elles le
veulent.
La
Modératrice : Jocelyne Richer.
M. Chouinard
(Tommy) : …
Mme Richer
(Jocelyne) : Mme Maltais… Mme Maltais…
La
Modératrice : Désolé, Tommy. Jocelyne.
M. Chouinard
(Tommy) : …décision-là au Conseil des ministres…
Mme
Maltais :
Non, ce que j’ai entendu de Mme Miville-Dechêne, c’est qu’elle croyait que
l’arrivée de ces femmes l’empêcherait de faire des études. Je dis que ces
femmes-là… Je ne vois pas pourquoi, s’il y a un beau projet, si ça permet d’éclairer
la société, elles ne le feraient pas. Je n’ai jamais parlé à ces femmes-là
directement, d’abord, avant la nomination. Et ensuite, je sais qu’il y en a
d’entre elles qui ont dit : Oui, mais est-ce que je vais pouvoir continuer
à prendre la parole et parfois contre le gouvernement? Et j’ai répondu oui.
Mme Richer
(Jocelyne) : Mais, Mme Maltais, il est assez rare de voir…
Mme
Maltais :
C’est quoi le problème?
Mme Richer
(Jocelyne) : Il est assez rare de voir le président d’un organisme
comme ça attaquer l’intégrité du gouvernement. Est-ce que Mme Miville-Dechêne a
toujours votre confiance?
Mme
Maltais :
Elle a notre confiance, et je viens de parler à Mme Marois ce matin, je voulais
lui dire cela. Mme Marois est d’accord, et nous souhaitons qu’elle travaille
avec les membres du conseil d’administration pour le bien du Conseil du statut
de la femme. Nous souhaitons qu’elle continue.
M. Lafille
(Julien) : Est-ce que la vitesse à laquelle vous avez procédé à ces
nominations n’est pas un peu exceptionnelle?
Mme
Maltais :
Attention, il y a des nominations qui étaient là… qui retardaient depuis un an.
Il a fallu refaire toutes les listes, il a fallu retrouver le monde. Après ça,
il a fallu faire une consultation. Il y en a qui ont lâché seulement le 19
août. Alors, on a fait la nomination à peu près en même temps.
M. Lafille
(Julien) : Mais vous avez demandé… vous avez contacté des groupes
comme le FFQ…
Mme
Maltais :
Tout à fait.
M. Lafille
(Julien) : …jeudi seulement, la semaine dernière, et déjà, mercredi,
vous entérinez ces nominations.
Mme
Maltais :
J’ai eu 19… 16 propositions, ça fait que les gens ont eu le temps de me
répondre. 16 propositions. Et je vous dis, là, h’ai choisi les femmes les plus
pertinentes, et dans le débat, et pour d’autres débats de la société québécoise :
Leila Lesbet, Julie Latour...
La Modératrice : M. Laforest;
ensuite, M. Lavoie.
M. Laforest (Alain) : Vous
avez parlé tantôt de l’entretien avec Mme Dechêne, qui n’a pas été des plus
agréables. Pourquoi?
Mme
Maltais : Oh, c’est
parce qu’on est deux personnalités fortes, je le lui reconnais. Mais c’était
sur... c’était quelque chose qui n’était pas là, les études ou quoi que ce soit,
sur la charte ou sur autre chose. C’est un... On s’est peut-être un peu mal
comprises puis, à la fin, on a fini très paisiblement, bonjour, bonjour.
M. Laforest (Alain) : Mais ça
s’est fait avant sa sortie ou après la sortie?
Mme
Maltais : Avant,
avant, avant.
M. Laforest (Alain) : Est-ce
que vous lui avez parlé depuis?
Mme
Maltais : Non. Non,
parce que je ne voulais justement pas qu’il y ait une impression, là, que
j’intervenais parce qu’elle est intervenue. Je lui accorde notre confiance.
M. Laforest (Alain) : Donc,
elle a émis des réserves sur les nominations que vous faisiez?
Mme
Maltais : Non,
c’était bien avant ça.
M. Laforest (Alain) : Mais, si
elle sent de l’ingérence, c’est parce que...
Mme
Maltais : Non. Bien
non, je n’ai pas...
M. Laforest (Alain) : ...elle
a émis des réserves, non?
Mme
Maltais : Elle émet
des réserves, mais je vous dis, moi, que je ne lui ai pas parlé. Je lui ai
annoncé les nominations, tout simplement, après, parce que je voulais qu’elle
les apprenne personnellement.
M. Laforest (Alain) : Mais
cette conversation-là que vous avez eue avec elle, c’est quand vous avez déposé
le projet de charte?
Mme
Maltais : C’est
avant.
M. Laforest (Alain) : Avant le
dépôt du projet de charte.
Mme
Maltais : Ah, c’est
il y a longtemps. C’est il y a longtemps.
M. Laforest (Alain) : Donc, il
y avait déjà des tensions, il y avait déjà un embryon de flamme entre le Conseil
du statut de la femme et votre position?
Mme
Maltais : Non, pas
du tout. Ce n’était pas sur une position, c’était sur autre chose.
M. Poinlane (Pascal) : Mais est-ce
que c’étaient des discussions sur la laïcité de l’État?
La Modératrice : Non. M.
Lavoie. M. Lavoie. Désolée.
M. Lavoie (Gilbert) : Mme
Maltais, est-ce que la représentante de la CSN était plus pertinente?
Mme
Maltais : Je viens
de voir le communiqué de la CSN. On a consulté la CSN. Ils n’ont pas envoyé de
nom et ne nous ont pas demandé, par le biais de ça, la demande de renouvellement.
On a été étonnés. Peut-être qu’ils avaient mal compris le processus. Donc, il
n’y a pas de siège réservé au Conseil du statut de la femme. Alors, j’avais
Lucie Martineau du SFPQ qui désirait y être et je trouvais pertinent. J’avoue
que c’était une candidature fort intéressante.
La Modératrice : M. Bergeron,
ensuite monsieur...
M. Bergeron (Patrice) : Mme
Maltais, mais, constamment, vous parlez d’indépendance, mais vous n’arrêtez pas
de parler de continuité historique. Ce n’est pas... En fait, vous n’essayez pas
de lier les mains du conseil, encore une fois?
Mme
Maltais : Pas du
tout. Ces femmes-là sont très indépendantes. Elles sont quatre qui arrivent,
ils sont 11 votants, 18 au total. Elles ont liberté de délibération et de
décision.
M. Bergeron (Patrice) : Il
n’en reste pas moins que, dans l’opinion publique, on a l’impression que vous
êtes en train de pourrir, avec des nominations partisanes, le BAPE, et le Conseil
du statut de la femme, puis...
Mme
Maltais : Je
m’excuse. Je voudrais juste régler une chose, là. Je n’ai aucune idée de
l’affiliation politique de ces quatre personnes. Je vous dis, là, ce n’est pas
une nomination...
M. Bergeron (Patrice) :
...opinion, quand même, madame...
Mme
Maltais :
Attention. Ce ne sont pas des nominations partisanes. Je n’ai aucune idée de ce
que pense Julie Latour de la situation politique au Québec, aucune idée.
Lucie...
M. Bergeron (Patrice) : Mais
vous connaissez leur position sur la laïcité, madame.
Mme
Maltais : Oui, tout
à fait, et je dis que ces femmes-là sont... Écoutez, là, regardez la qualité
des noms qui sont là, regardez les compétences de ces femmes-là et dites-moi
laquelle n’a pas sa place au Conseil du statut de la femme.
M. Ouellet (Martin) : Mais
vous connaissiez leur opinion sur la charte.
Mme
Maltais : Dites-moi
laquelle n’a pas sa place. Vous allez être embêtés.
M. Bergeron (Patrice) : …sur
la laïcité de la charte.
Mme
Maltais : Tout à
fait, et j’ai dit que la continuité historique est intéressante dans ce cas-là.
Mme Lajoie (Geneviève) : Donc,
vous n’auriez pas nommé quelqu’un qui n’allait pas dans la continuité
historique?
Mme
Maltais :
Attention! S’il y avait eu une candidature de ce même niveau, vraiment, je
pense que ça aurait pu être intéressant, mais ce sont les quatre personnes les plus
solides qui sont arrivées dans les nominations que j’ai eues. Les autres
étaient intéressantes aussi, mais j’avoue que ces quatre personnes-là étaient
très intéressantes.
M. Corbeil (Michel) : Mme
Maltais, Mme Miville-Dechêne ne remet pas en cause les compétences des quatre
personnes que vous avez nommées, elle en a contre l’espèce de pensée unique qui
va régner au conseil d’administration. Votre rôle, ce n’était pas justement de
s’assurer qu’il y ait aussi un équilibre d’opinions sur cette question-là
aussi?
Mme
Maltais : Écoutez,
l’opinion du Conseil du statut de la femme, elle a été émise en 2008, elle a
été émise en 2011, et l’opinion du conseil…
M. Corbeil (Michel) : Mais Mme
Miville-Dechêne…
Mme
Maltais : Attendez
un peu.
M. Corbeil (Michel) : …n’est
pas d’accord avec vous.
Mme
Maltais : Mais vous
me posez une question, je vais vous répondre. Peut-être que vous ne voulez pas
cette réponse-là, mais l’opinion du Conseil du statut de la femme, elle est
publique, elle est connue depuis cinq ans. C’est un phare, il éclaire la voie
puis il dit : C’est par là qu’on s’en va. Alors, moi, je trouve que tout
ça est bien, son opinion est connue.
Maintenant, si le Conseil du statut de la
femme, à partir de ce qu’il a fait, là… C’est une féministe qui vous parle, là.
J’y crois profondément, à cette institution-là, moi. Je les ai connues, Claire
Bonenfant, cette gang-là, là, c’est des gens que je côtoie. Alors, si ces
gens-là veulent changer de position, veulent travailler, veulent faire des
études, go, c’est à vous, c’est votre conseil. C’est le conseil des
Québécoises, c’est clair.
M. Corbeil (Michel) : Donc,
les opinions divergentes sur cette question-là, de la part des féministes, vous
les écartez.
Mme
Maltais : Pas du
tout. Voyons donc! J’ai appris par Mme Miville-Dechêne qu’il y avait des
divergences, puis c’est elle-même qui a dit qu’est-ce qui se passait au conseil
d’administration. Je ne le savais pas.
M. Poinlane (Pascal) : Mais
pourquoi l’avoir appelée personnellement? Est-ce que c’était pour lui mettre de
la pression pour qu’elle appuie la charte?
Mme
Maltais : Pas du
tout. Non. La charte allait être déposée le lundi, et je voulais la rencontrer
avant pour qu’on en parle. N’est-ce pas normal? Je pense que c’était respectueux.
Je vais vous dire ceci : toutes les ministres de la Condition féminine ont
régulièrement des repas ou des discussions avec… des échanges avec les
présidentes du Conseil du statut de la femme. Ne pas le faire, vous auriez pu
le questionner aussi.
M. Poinlane (Pascal) : Elle
dit qu’elle a vécu des pressions, elle dit que ça a été difficile.
Mme
Maltais : Je ne
suis pas d’accord. Je dis que je n’ai pas fait de pression.
M. Laforest (Alain) : Donc,
vous rejetez l’argument de l’opposition qui vous demande aujourd’hui de
surseoir à ces nominations-là.
Mme
Maltais : Écoutez,
ce que j’ai entendu, Mme St-Pierre, là, aller dire que ces personnes-là
n’étaient pas ou à peu près pas légitimes au… Non, non, non. Ces femmes-là sont
très compétentes, méritent d’être assises autour de la table.
La Modératrice : Bon, en
anglais, M. Dougherty.
M. Dougherty (Kevin) :
Mme Maltais…
Une voix : …
M. Dougherty (Kevin) : Sorry, I’m going first, OK? You say that the «conseil» has come out
in favour of secularism starting in 2008, fine, and that’s why you can pack the
council, but that’s…
Mme
Maltais : I’m not… I don’t pack the council.
M. Dougherty (Kevin)
: You didn’t pack the council?
Mme
Maltais
: I didn’t pack the council. There are 11 voters, 18 people. We’ve
nominated four, which is in the historical continuity of the CSF and their
advisors.
M. Dougherty (Kevin) : But the issue here is religious signs. They’re saying: What is the
impact, if you say to a woman : You can’t wear a hidjab if you want to
work at the Revenue Department? Does she leave her job. And what do you say to
these people? You know, this is a real problem.
Mme
Maltais : What I’ve heard of Mrs. Mme Miville-Dechêne , the president of the CSF, she told us : I want to make
studies and I’m aware the people… the Government has nominated people, so that
I don’t make these studies. Please, the CSF must do its job, and, if they want
to make studies, if it’s pertinent, they should do it. I agree with that. I
agree with the fact that they must clarify the position if they need to. No
problem.
M. Dougherty (Kevin) : But what do you think… you know, a woman who is working at the
Revenue Department, who wears a hidjab, she has to choose between continuing to
wear the hidjab or staying at home, you know. She can take it off and keep
working or she can go home.
Mme
Maltais : Are you asking me my opinion on the charter? I do completely agree
with the charter.
M. Dougherty (Kevin)
: Completely?
Mme
Maltais
: Completely.
Mme Montgomery
(Angelica) : When you talk about the historic
continuity, why is it important
for you to underline this when it comes to these nominations?
Mme
Maltais : OK. Because the Conseil du statut de la
femme has enlightened the situation of women, the women’s status in Québec . It’s its job, it’s its mandate. And since five years now, it’s
telling to us : We must go in this direction, we must go in that
direction. It’s a very clear position, which has been repeated twice.
So
it’s important for us to see
what’s the main stream of the Conseil du statut de la
femme , its clear advice, and to «les appuyer», to give
them… it’s an «appui». But, if they want now to look at what this told us and
to bring changes, it’s their turn now. And we didn’t give under… we didn’t do
meddling, it’s their opinion. And, believe me, nobody could say to Mrs.
Martineau, which is the president of a union, what to say. They’re free.
M. Harrold (Max) : Do you think she should… do you think…
La Modératrice : C’est assez, merci. M. Harrold, c’est la dernière.
M. Harrold (Max) : OK. On the basis of the whole matter, people have said that wearing
a veil… this charter will advance women’s equality for those women who are
wearing a hidjab. Do you agree with that, that they… by forcing them to remove it,
to choose between their job and their faith, do you agree that this will be an
advance for women’s equality?
Mme
Maltais : I do agree with the charter and I do agree, but we’re having a
debate on this, and I do agree with the Conseil du
statut de la femme . But, if the Conseil du statut de la femme do believe
that it’s important to bring more points, more lighting on these points, come
on, go. They have our confidence. Mrs. Miville-Dechêne has our confidence.
(Fin à 11 h 34)