(Onze heures trente-six minutes)
La Modératrice : Alors,
bienvenue à cette conférence de presse suivant le dépôt d'une pétition pour
abroger la loi n° 2. Donc, on va débuter avec le porte-parole
de l'opposition officielle en matière de santé et député de LaFontaine, Marc
Tanguay, qui sera suivi d'Édouard Rochefort et Raphaëlle Lauzon, tous les deux
étudiants en médecine à l'Université Laval.
M. Tanguay : Merci beaucoup.
Alors, écoutez, aujourd'hui est un moment important, un moment charnière dans
le chaos créé par Christian Dubé lorsqu'il a enfoncé dans la gorge de tout le
monde son mauvais projet de loi n° 2. Très heureux d'être
accompagné, à ma droite, donc, d'Édouard Rochefort et, à ma gauche, de Raphaëlle
Lauzon, tous deux étudiants en médecine à l'Université Laval. Ce qu'ils ont
fait? Ils ont été les initiateurs d'une pétition qui... Je vous le dis, là,
dans quelques mois, ça fera 14 ans que je suis député à l'Assemblée
nationale, j'ai très, très rarement vu ça. 66 121 pétitionnaires qui
constatent le refus du médecin en temps opportun... «du médecin»... le refus du
ministre de discuter en toute bonne foi avec les médecins puis avec l'ensemble
du réseau en temps opportun lorsqu'on parlait du projet de loi n° 106, le
refus également du ministre, après le dépôt de son projet de loi n° 2, de
faire autre chose que le bâillon, et on peut voir le résultat aujourd'hui. Partout
au Québec, là, c'est le chaos, le chaos en santé, des milliers de Québécoises
et Québécois qui perdent leurs médecins parce que les cliniques, les GMF
ferment une après l'autre.
Puis vous donner un exemple, hier, ma
collègue de D'Arcy-McGee, Elisabeth Prass, me parlait de la clinique
pédiatrique Step, qui est située dans son comté puis qui a annoncé... qui avait
21 000 patients d'inscrits après 18 mois d'exercice, ils ont annoncé
que, si rien ne changeait, bien, ils vont fermer le 1er avril. Des
exemples de même, il y en a partout.
Je vais maintenant céder la parole à
celles et ceux que, semble-t-il, le ministre voulait protéger quand il a déposé
le projet de loi n° 2, en disant : On va sanctionner tout le monde
qui voudrait limiter l'enseignement. Bien, ils sont ici, les étudiants, entre
autres de l'Université Laval. Et, dois-je le rappeler, les quatre facultés de
médecine ont passé des votes de grève, qui sont suspendus quant à leur
exécution parce qu'ils attendent de voir s'ils vont être sanctionnés pour
exprimer un droit fondamental, à savoir leur liberté d'expression.
Alors, heureux de faire route avec les
étudiants. On continue le combat. Le chaos créé par Christian Dubé, ça fera. Il
vient impacter de façon très néfaste les patients du Québec qui n'ont pas les
services, puis ça empire de jour en jour.
Sans plus tarder maintenant... Et vous
allez me permettre peut-être de juste dire un petit mot en anglais.
Today, I depose a very,
very important piece of petition. More than 66 000 of Quebeckers signed that petition who ask the
bad Government, the bad CAQ Government to set aside this very bad piece
of legislation which is Bill 2. And here we are with the students who are the
initiators of such a petition, and I'm glad now de céder la parole à Édouard
Rochefort.
M. Rochefort (Édouard) : Depuis
quelque temps, et ça, c'est en partie porté par la loi n° 2
de Christian Dubé, il y a un discours par rapport aux médecins, aux médecins de
famille, aux médecins spécialistes qui vise à dire qu'ils sont un peu peut-être
paresseux ou qu'ils ne travaillent pas fort. Même sur les bancs d'école, on le
constate : la culture, en médecine, c'est de travailler très, très fort,
de se donner corps et âme pour les patients.
Les médecins, tout ce qu'ils demandent, c'est
plus de ressources pour être en mesure d'aider plus de patients.
Malheureusement, la loi n° 2, ce qu'elle fait :
elle demande aux médecins, sans leur donner plus de ressources, de prendre en
charge plus de patients. Alors, ça ne prend pas la tête à Papineau pour
réaliser que cette loi-là, elle pousse vers une médecine fast-food, une
médecine où il y a moins de temps avec chaque patient.
Moi, je suis étudiant en médecine de première
année, et, même en première année, ça a des impacts notables sur notre
motivation à être en médecine. On est venus pour aider les gens, pour la
relation d'aide, et là la loi, ce qu'elle fait, c'est qu'elle diminue
grandement cette relation-là. Il n'y a personne qui veut aller à l'hôpital, en
ressortir sans avoir été consolé, avec simplement un diagnostic qu'on comprend
mal parce que le médecin n'a pas eu le temps de nous l'expliquer.
Alors, avec le dépôt de cette pétition-là,
on montre qu'il y a beaucoup de personnes qui ne veulent rien savoir de cette
loi-là et que les étudiants en médecine non plus ne veulent rien savoir de
cette loi-là. On veut que le gouvernement entame des négociations franches avec
les fédérations médicales, donc pas des négociations avec une espèce de fusil
sur la tempe qu'est cette loi n° 2 là. Alors, c'est
tout ce qu'on veut. Et on veut... Ce qui nous est le plus important, en fait, c'est
la santé des patients. Et cette loi-là, elle n'aide pas du tout à ça.
Alors, je cède maintenant la parole à
Raphaëlle Lauzon.
M. Tanguay
: Bravo,
Édouard.
Mme Lauzon (Raphaëlle) : Pour
venir appuyer un peu mon collègue, moi, je suis étudiante de quatrième année en
médecine, donc je suis à l'externat. J'arrive de l'hôpital, je suis allée faire
ma tournée ce matin, et c'est là que je retourne aussi après parce que c'est la
santé de nos patients qui nous intéresse. Moi, en ce moment, je ne suis pas
payée pour être à l'hôpital et je suis là plus que du temps plein. Mes collègues
et moi, on se remet beaucoup en question quant à nos plans de carrière en ce
qui concerne la médecine familiale, surtout en raison du projet de la loi
n° 2. Puis, comme Édouard l'a dit, c'est dès l'entrée en médecine qu'on
commence à se questionner par rapport à notre future carrière.
L'ambiance dans les hôpitaux, autant au
niveau des étudiants en médecine comme moi, des médecins résidents ou même des
médecins, c'est assez lourd, c'est tendu. Plusieurs essaient de rediriger leur
pratique en dehors du Québec. Et, dans un moment où on a de plus en plus besoin
de médecins de famille, bien, tout ce qu'on fait, c'est les éloigner de la
pratique médicale au Québec ou bien de les apeurer et de faire en sorte qu'il y
aura de moins en moins de médecins de famille qui vont vouloir aller vers cette
pratique-là.
M. Tanguay
: Bravo,
Raphaëlle. Alors, je ne sais pas si vous avez des questions, if you have any
question.
Journaliste :
Yes, in English. I don't know if the
medical students can say a few words in English, but have you reconsidered or
rethought your future in medecine, or perhaps finishing school and going... and
pratcising elsewhere? Where are you guys at, in that?
M. Tanguay :
Is it an option? Yes or no?
Mme Lauzon (Raphaëlle) : Bien,
je pense que je peux bien le répondre en français, est-ce que...
M. Tanguay : Oui, en
français, oui, je vous en prie. Allez-y.
Mme Lauzon (Raphaëlle) : Bien,
là, je peux parler pour ma part. Je pense que mon parcours en médecine, c'est
un choix qui a été très clair pour moi. C'est là-dedans que je veux pratiquer
la médecine. Donc, ça, ce n'est pas un choix que j'ai reconsidéré. Par contre,
la pratique où je vais l'effectuer et dans quelles pratiques, médecine
familiale ou spécialité, ça, je crois que c'est quelque chose que mes collègues
et moi, on est en train de reconsidérer étant donné que les plusieurs projets
de loi qui ont été mis en fonction et déposés nous empêcheraient, là, d'effectuer,
là, des changements de région, par exemple, de province. C'est des choses qui
doivent être considérées très... en priorité parce que si on fait notre
résidence au Québec, on ne peut pas quitter avant cinq ans et donc, on doit
faire affaire avec tous les barreaux dans les roues que ça nous met.
Journaliste :
And, M. Tanguay, petition with 66,000
signatures.
M. Tanguay
: Yes?
Journaliste
: We don't see that every day.
M. Tanguay
: No.
Journaliste
: What type of message do you think that says and sends to the
government?
M. Tanguay :
And even, we have to mention, a very
important fact that we... they achieved this within a couple of weeks, which
was not the full length of what could have been a... such a petition. It says a
lot. It says the chaos that has been created by Christian Dubé. Now, we are
thinking, and we are considering, and we are concluding that François Legault
is setting aside Christian Dubé, he is now personally involved. I hope he will
be, even more personally involved, François Legault. It says a lot, this
petition, about the fact that people are very worried. We are talking... we are
today with the students, not only the doctors, but all the professional within
the public system. It's a pity. It's a chaos. François Legault must act, and he
must act now. What we are asking, is to suspend totally the bad Law 2. And to
open a constructive dialogue, not only with the doctors, but with everyone,
because that bill, that law, touch a lot of people. And to start anew, to start
afresh, and acting in good faith, and not imposing their vision, which is at
the end of the day, a chaos.
Journaliste
: Good day.
M. Tanguay
: Good day.
Journaliste
: I had a technical question for you, M. Tanguay. In order to suspend
Law 2, as you say, does the House have to be sitting in your... Technically,
how can they do it?
M. Tanguay
: I think yes, because it's written within the law that the bill will
took place...
Une voix : January 1st.
M. Tanguay
: ...January 1st, and then you will have additionnal bunch of
articles, sections that will be put in place in April the 1st. That
being said, if they require a bill with one section, or a couple of sections
saying that we want to suspend the law, we, Liberals, will be ready to make it
happens. 1, 2, 3, fast. If it's only to suspend their bad piece of legislation
in to regain control of the good faith negociation with everyone, we will be
proactive and willing to do so.
Journaliste
: So, theoretically, I know this is speculation, but theoretically,
they could do it by tomorrow, or Friday before the recess?
M. Tanguay
: Absolutely, absolutely. That could be done. And honestly, if the
CAQ is willing to do it, I don't see any MNA saying that : No, I don't consent.
It will be requiring the unanimity of the... it will have to be unanimous, but
that being said, we, the Liberals, will be willing to adopt it very, very, very
quickly. We've done it from the past for other types of legislation. And I
think that if it's, for the Government, a requirement to reach out a constructive and positive conclusion
within his negotiations, we will be there.
Journaliste
: Merci.
M. Tanguay
: Merci
beaucoup. Alors, écoutez, en conclusion, merci beaucoup à Édouard, Raphaëlle,
et je sais qu'Alexane, également, a participé activement à cette... à cette
démarche-là. On va continuer le combat. Le chaos créé par Christian Dubé doit
cesser. Mme Duranceau, présidente du Conseil du trésor, François Legault, le
chef de cabinet de François Legault, tout le monde, là, doit être sur le
qui-vive. Il nous reste encore deux jours à siéger à Québec. Ils doivent
suspendre, ni plus ni moins, leur mauvaise loi, puis... parce qu'à tous les
jours, pour ne pas dire à toutes les heures, il y a des milliers de Québécoises
et Québécois qui perdent leur médecin de famille. Puis on voit la détresse,
également, que ça crée au sein de nos étudiants.
Bravo! Merci beaucoup. Plus de 66 000
ont parlé, on continue le combat. Merci beaucoup. Merci à vous.
(Fin à 11 h 46)