42e législature | 1re session

Transcription

Conférence de presse de Mme Nadine Girault, ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration

Programme de l'expérience québécoise (PEQ)

Version finale

Le jeudi 9 juillet 2020, 10 h 30

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Dix heures trente minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour à tous et bienvenue à ce point de presse de la ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration et ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Mme Nadine Girault. Mme la ministre, à vous la parole.

Mme Girault : Merci. Alors, bonjour à toutes et bonjour à tous. Merci de votre présence. Je suis très heureuse de m'adresser à vous aujourd'hui pour la première fois à titre de ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration. Par mon histoire personnelle et durant ma carrière, j'ai toujours eu un intérêt particulier pour la réussite des immigrants. Pour moi, c'est fondamental, d'abord pour chacune et chacun et pour l'avenir économique, social et culturel du Québec. Je crois fermement que l'immigration doit faire partie de la solution à nos enjeux de société et je crois que toutes les Québécoises et les Québécois sont animés par la même conviction. L'immigration, c'est primordial. Chaque femme, chaque homme, chaque enfant qui arrive au Québec doit s'y sentir accueilli et bienvenu, et on se doit d'aider à son intégration. Pour que l'immigration réponde adéquatement aux besoins du Québec, il faut poursuivre la transformation et la modernisation de notre système d'immigration en travaillant de concert avec tous les acteurs concernés. Je tiens d'ailleurs à saluer le travail effectué par mon collègue, M. Simon Jolin-Barrette, au cours des derniers mois.

Le Programme de l'expérience québécoise est un programme d'immigration très avantageux, tant pour les personnes sélectionnées que pour la société québécoise dans son ensemble, et je peux vous confirmer que, dans mon expérience à titre de ministre des Relations internationales et de la Francophonie, ça m'a très souvent été mentionné. Les personnes qui séjournent au Québec à titre d'étudiant étranger ou de travailleur étranger temporaire, qui respectent les conditions du programme lorsqu'elles présentent une demande dans le cadre du Programme de l'expérience québécoise, sont assurées d'être sélectionnées. Bien que les délais de traitement se soient un peu allongés en raison du nombre élevé de demandes reçues dans les dernières années, il reste qu'il s'agit d'une voie simplifiée et surtout prévisible vers la résidence permanente. Notre PEQ se démarque aussi notablement des programmes fédéraux plus élaborés et surtout qui offrent peu de garanties et de prévisibilité pour une personne qui aspire à la résidence permanente.

Rappelons que ce programme avait été pensé, lors de la création, en 2010, comme une voie simplifiée vers l'immigration permanente pour une petite quantité de candidats. Aujourd'hui, cet engouement est si fort que la proportion des certificats de sélection du Québec délivrés dans le Programme de l'expérience québécoise est passée de 5 % en 2010 à 86 % en 2019.

La forte popularité qu'il connaît fait en sorte que la grande majorité des travailleurs qualifiés sont sélectionnés par l'entremise du PEQ, ce qui limite le nombre d'invitations qui peuvent être faites par Arrima. Il faut rappeler que le système de gestion des demandes d'immigration Arrima a été mis en place avec les objectifs de mieux arrimer les candidats à l'immigration et aux besoins du marché du travail ainsi que de réduire les délais d'admission pour les personnes immigrantes.

Une réforme s'imposait donc pour assurer une meilleure adéquation entre les besoins de main-d'oeuvre du Québec et nos programmes d'immigration. Depuis la première présentation de ce règlement, des pas de géant ont été faits. Nous sommes à des années-lumière de ce qui avait été présenté à l'automne 2019. Permettez-moi de vous rappeler les objectifs visés par cette réforme.

D'abord, on le sait, l'intégration au marché du travail, c'est un vecteur clé à leur pleine participation à la société québécoise. C'est pour ça qu'on veut aider les étudiants et travailleurs étrangers à une meilleure intégration au marché du travail. Ensuite, les entreprises québécoises ont besoin de main-d'oeuvre. Ça va nous permettre une sélection plus efficace qui réponde mieux aux besoins de main-d'oeuvre des entreprises québécoises, une acquisition des compétences de français qui va faciliter l'intégration des personnes immigrantes à tous les niveaux et, finalement, une intégrité renforcée du programme en matière de démonstration de la connaissance du français afin d'offrir les meilleures chances de succès et de réussite aux travailleurs et aux étudiants diplômés.

Suite à l'annonce de mon collègue Simon Jolin-Barrette et à la publication, le 28 mai dernier, du projet de règlement, nous avons entendu les préoccupations des différents groupes et organisations des milieux de l'éducation et du marché du travail, au cours des dernières semaines. C'est d'ailleurs le but de cette publication dans le processus démocratique, c'est de justement entendre les informations et les commentaires des différents groupes. Certains de ces commentaires recueillis pendant la période de consultation nous ont permis de bonifier le projet de règlement pour en faire un règlement final. C'est pourquoi nous présentons aujourd'hui des ajustements à ce programme de règlement.

Afin de répondre à la préoccupation des étudiants étrangers déjà sur le territoire, nous proposons une mesure transitoire permettant à tous les étudiants étrangers qui ont obtenu leur diplôme admissible au PEQ ou qui l'obtiendront d'ici le 31 décembre 2020 de présenter une demande selon les conditions en vigueur avant l'entrée en vigueur du nouveau règlement.

La COVID-19 a passablement bousculé la vie et le parcours de bon nombre d'étudiants, et nous souhaitons en tenir compte. Cette mesure est en continuité avec la décision précédente de prolonger les certificats d'acceptation du Québec pour études de tous les étudiants étrangers jusqu'au 31 décembre 2020 en raison de la pandémie.

Nous proposons aussi que les stages obligatoires effectués dans le cadre du programme d'études soient considérés dans le cumul d'expérience exigé pour un maximum de trois mois.

Pour les titulaires du D.E.P., diplôme d'études professionnelles, la durée d'expérience de travail exigée sera abaissée à 18 mois plutôt que 24 mois.

Pour le volet des travailleurs, nous proposons de réduire la durée de l'expérience de travail exigée pour les travailleurs temporaires de 36 à 24 mois. Cette modification permettra d'alléger certains coûts et les démarches administratives pour les travailleurs et employeurs tout en permettant d'assurer une intégration réussie dans la société québécoise.

Ces changements entreront en vigueur le 22 juillet 2020. Il faut toutefois savoir que, tant que le nouveau règlement n'est pas en vigueur, les conditions de sélection actuelles du PEQ continuent de s'appliquer. Donc, les demandes reçues avant l'entrée en vigueur du nouveau règlement seront traitées selon les conditions actuelles.

Enfin, parce que les défis de recrutement persistent dans des secteurs d'emploi précis, les équipes du ministère travaillent fort à la mise sur pied de programmes pilotes d'immigration permanente visant à répondre aux besoins économiques, régionaux et sectoriels qui ne sont pas comblés par les programmes d'immigration existants.

Les trois programmes pilotes sur la planche à dessin sont, pour l'instant, un programme pilote pour les préposés aux bénéficiaires, un programme pilote visant les travailleurs de l'intelligence artificielle, les technologies de l'information et du cinéma, et un nouveau, que je vous annonce aujourd'hui, programme pilote visant le secteur de la transformation agroalimentaire.

En conclusion, la nouvelle mouture du Programme de l'expérience québécoise que nous vous présentons aujourd'hui est une solution équilibrée. Elle permettra de reconnaître l'apport économique, social et culturel des étudiants et des travailleurs étrangers à notre société tout en favorisant l'établissement durable de ces personnes qui sont au Québec à titre de résidents temporaires.

J'ai confiance que ces ajustements seront bien accueillis par les différents groupes concernés et pourront répondre aux enjeux sociaux et économiques du Québec. Le Québec est riche de sa diversité, et j'ai l'intention de promouvoir cette vision et de mettre à l'avant-plan cette valeur ajoutée à notre société québécoise.

J'aimerais, en terminant, profiter de cette tribune pour souligner et remercier les étudiants et les travailleurs étrangers pour leur importante contribution au Québec. Merci de votre attention.

Le Modérateur : Merci, Mme la ministre. Pour la période des questions, j'inviterais les journalistes à se limiter à une question, une sous-question. Nous commençons aujourd'hui avec Isabelle Porter, Le Devoir.

Mme Porter (Isabelle) : J'aurais besoin d'une clarification, là, concernant la mesure transitoire pour les étudiants, la première. Vous dites qu'elle va s'appliquer à ceux qui ont obtenu un diplôme admissible au PEQ ou qui l'obtiendront d'ici le 31 décembre 2020. Mais je présume qu'il y a des étudiants étrangers qui sont venus dans l'ancien système et qui vont être diplômés plus tard que le 31 décembre. Donc, qu'est-ce qui arrive avec ces gens-là?

Mme Girault : Ils vont suivre les règles selon le nouveau programme. Donc, on va leur demander un an d'expérience de travail, dépendant du programme qu'ils ont suivi.

Mme Porter (Isabelle) : Donc, la clause de droits acquis s'applique seulement à une partie des étudiants étrangers qui ont postulé avant la réforme.

Mme Girault : En fait, ce qu'on fait, c'est qu'on donne une période de transition qui va s'appliquer jusqu'au 31 décembre 2020, oui.

Le Modérateur : ...agence QMI. Pas de question? Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Bonjour. Comment vous expliquez que ça soit passé de 5 % à 86 % en 10 ans? Parce que c'était devenu, entre guillemets... pas une passoire, mais c'était l'endroit facile...

Mme Girault : En fait, de 5 % à 86 % en 10 ans, c'est entre autres parce que c'est un problème... un programme qui est très populaire. Et ça a été mis en place aussi pour faciliter l'accès à un certificat de sélection, donc une résidence permanente éventuellement au Canada. Et ce programme-là a été bien... On a eu des bons vendeurs de ce programme-là. Donc, le programme a été bien vendu, bien positionné et il a donné ce qu'on se voit aujourd'hui, donc un succès exceptionnel.

M. Bossé (Olivier) : Et là vous êtes confiante que ça va être la version finale, finale?

Mme Girault : Oui, ça, ça va être... En fait, la raison pour laquelle mon prédécesseur, Simon Jolin-Barrette, l'avait publié dans la Gazette officielle, c'était justement pour avoir les commentaires, commentaires qu'on a reçus, qu'on a considérés, et les commentaires nous ont amenés à faire les ajustements qu'on fait aujourd'hui. Et je vous dirais qu'on a eu à date des bons commentaires sur les ajustements, donc, oui, celle-là, ça va être la version finale.

Le Modérateur : Valérie Gamache, Radio-Canada.

Mme Gamache (Valérie) : C'est un programme qui est quand même victime de sa popularité et puis qui... Est-ce que ça ne vient pas nuire à Arrima d'un autre côté, puis est-ce qu'il n'y a pas lieu de revoir cet équilibre-là? En fait, on a l'impression que c'est ce que vous tentiez de faire en faisant la réforme du PEQ, mais comment y arriver?

Mme Girault : En fait, c'est une très bonne question. Si vous avez des commentaires et des suggestions, je vais les prendre. Mais la raison pour laquelle on fait la réforme actuellement, c'est justement pour ça, pour être capable de rééquilibrer tranquillement les travailleurs et les étudiants qui passent à travers le PEQ versus ceux qu'on va chercher à travers Arrima et qu'on va chercher dans des métiers et des professions très spécifiques. Et la raison pour laquelle on fait les pilotes, les trois pilotes, justement, c'est pour combler certains besoins de secteurs que, dans le fond, on devrait combler à travers Arrima, mais actuellement la balance fait en sorte qu'on ne peut pas les combler à travers Arrima. Donc, tranquillement, avec les exigences qu'on va demander maintenant, les exigences de travail et tout, on va être capables de rebalancer les deux. C'est sûr que ça ne se fera pas en un an. Ça va se faire tranquillement, mais on va pouvoir rebalancer tranquillement et aller chercher plus de travailleurs étrangers à travers Arrima.

Mme Gamache (Valérie) : C'est quoi le pourcentage idéal, Arrima versus PEQ, par exemple?

Mme Girault : Bien, écoutez, jusqu'à il y a environ trois ans, on était à peu près à 50-50. Donc là, on a monté beaucoup, on est rendu à 86 % mais on est parti à 10 %. Il faut se mettre en tête que le programme PEQ avait été mis en place, il y a 10 ans, pour un petit nombre de personnes. On est parti d'environ à peu près 1 600 personnes, il y a 10 ans, à plus de 15 000 aujourd'hui. Donc, c'est un programme qui est effectivement très populaire, là.

Mme Gamache (Valérie) : Juste une petite précision, là. Quand vous dites : Ceux qui sont admissibles, là, aux mesures transitoires, ça va s'appliquer en fonction de l'ancien PEQ. Lequel ancien, celui du 28 mai ou celui de l'automne?

Mme Girault : Celui précédent. Celui où on n'exigeait pas d'expérience de travail.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Je vais me permettre des questions moi aussi. Hugo Pilon-Larose de LaPresse.

Si le PEQ est si populaire, pourquoi est-ce qu'on n'augmente pas le nombre d'immigrants qu'on accueille chaque année au Québec pour permettre finalement au plus grand nombre de personnes de pouvoir venir s'installer ici?

Mme Girault : C'est une très bonne question. C'est un dossier qui est très complexe, hein, parce que le nombre d'immigrants... Nous, on parle du PEQ qui est vraiment une immigration économique, mais il y a aussi d'autres types d'immigration, d'autres types de catégories d'immigrants. Je commence avec me familiariser avec tout ça, là, après deux semaines. Il y a l'immigration... le regroupement familial, il y a aussi tout ce qui est réfugiés et demandeurs d'asile. Et tout ça, ça fait un tout qui fait en sorte qu'on accepte un certain nombre d'immigrants à chaque année. Et, si on augmente une partie, il va falloir augmenter aussi l'autre partie.

Et le but de tout ça, c'est vraiment de les aider à s'intégrer au marché du travail et surtout de bien les positionner. Tout ce qu'on fait au niveau de la francisation, par exemple, c'est justement pour bien les aider, bien les positionner et bien s'assurer qu'ils peuvent contribuer, parce que c'est ce qu'ils veulent, qu'ils peuvent contribuer à l'économie du Québec.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Jugez-vous qu'avec vos nouvelles responsabilités comme ministre, donc, de l'Immigration que vous avez, pour votre gouvernement, un rôle à jouer pour changer peut-être les perceptions que certaines populations peuvent avoir envers le gouvernement de la Coalition avenir Québec et l'immigration? Certains ont déjà dit que vous pouviez, par le passé, sembler être un gouvernement anti-immigration. Vous, votre rôle, c'est-u de rétablir les ponts avec ces communautés-là?

Mme Girault : En fait, le travail qui a été fait par mon collègue Simon Jolin-Barrette a été très bien fait. Il y a eu une très bonne base. À preuve, c'est lui qui a décidé aussi qu'on allait publier tout ça dans la Gazette officielle pour être capable d'avoir les commentaires et les avis des différents groupes et associations.

Actuellement, je pense, ce que je vois à date... et moi la première, à titre de ministre d'un autre ministère, je ne comprenais pas bien tout ce qui touche l'immigration. Donc, je pense qu'on a beaucoup de pédagogie à faire là-dessus, surtout pour arrimer ce qu'est vraiment le programme PEQ, ce qu'est vraiment nos exigences au niveau immigration, avec ce que la population ou ce que les différents groupes ont compris de tout ça.

Je dirais qu'on a probablement expliqué... Je pense que je vais l'expliquer encore davantage puis je vais le positionner encore davantage. Puis moi, je vois mon rôle comme étant un peu un rôle d'essayer de simplifier tout ça. Mon objectif, d'ailleurs, à moyen, long terme, ça va être de simplifier tout ça. Je ne sais pas comment je vais m'y prendre, mais ça va être d'essayer de simplifier tous ces programmes d'immigration.

Le Modérateur : Il nous reste quand même beaucoup de temps s'il y a des journalistes qui ont d'autres questions. Vincent Larin, AgenceQMI.

M. Larin (Vincent) : ...question, première réforme, là, annoncée, d'une modification des programmes qui se qualifiaient pour le PEQ. Ça, dans la version ici, ça ne change pas.

Mme Girault : Des diplômes? Non. Tous les diplômes sont admissibles au PEQ, oui. On a ouvert à tous les diplômes, oui.

Le Modérateur : Isabelle Porter.

Mme Porter (Isabelle) : Oui. Je voudrais savoir : Où est-ce qu'on en est avec ce qu'on appelle le «backlog» du côté du fédéral? Il y a combien de dossiers en attente au moment où on se parle?

Mme Girault : C'est une bonne question. Honnêtement, je n'ai pas la réponse actuellement, mais on pourra vous revenir là-dessus.

Le Modérateur : Olivier Bossé.

M. Bossé (Olivier) : Vous en avez parlé un peu. Vous disiez : Moi, comme ministre d'un autre ministère, je ne comprenais pas bien. Est-ce que vous avez été surprise, dès l'automne, de la levée de boucliers que ça a causé?

Mme Girault : Je n'ai pas été surprise de la levée de boucliers. J'ai été surprise, je vous dirais, quand je suis arrivée, de la complexité. C'est ça qui m'a surprise le plus, la complexité de tous ces programmes puis de tout ce qui est... de tous les liens aussi entre les programmes fédéraux et les programmes québécois ou tout ce qui est de compétence fédérale et de compétence québécoise, parce qu'il y a beaucoup de programmes aussi qui sont de compétence partagée, et c'est plutôt ça qui m'a surprise, c'est la complexité. Mais je commence à m'habituer tranquillement à tout ça.

Mme Gamache (Valérie) : Avez-vous une idée du nombre d'étudiants que ça va toucher, la mesure transitoire?

Mme Girault : C'est très difficile de vous donner le nombre d'étudiants parce que ça prendrait... C'est très difficile d'avoir exactement le nombre d'étudiants s'ils n'ont pas encore été passés par le programme parce que ça dépend des différentes universités. On n'a pas nécessairement tous les chiffres qui nous viennent de toutes les universités, les collèges et toutes les écoles qui font ce type de formation là.

Le Modérateur : Est-ce que vous aviez une allocution en anglais que vous souhaitiez faire?

Mme Girault : Non, mais je peux répondre aux questions en anglais, par exemple.

Mme Porter (Isabelle) : Je vais avoir une question.

Le Modérateur : Oui, allez-y.

Mme Porter (Isabelle) : Je voudrais savoir combien de personnes... Est-ce que vous avez évalué combien de personnes allaient être touchées par les assouplissements qui sont annoncés aujourd'hui?

Mme Girault : Non plus. Non plus, et la raison encore, c'est la même chose, c'est qu'on ne sait pas exactement... Il faudrait faire un inventaire de tous les diplômés ou tous les futurs diplômés qui sont dans les différentes universités. On n'a pas nécessairement ces chiffres-là de toutes les universités, les collèges, et tous les cours, les D.E.P., entre autres, tous les cours spécifiques qui sont donnés à travers les différents collèges.

Le Modérateur : Olivier Bossé.

M. Bossé (Olivier) : ...senti... En fait, votre nouveau rôle... Quel accueil vous avez senti de ces groupes-là? On sait que M. Jolin-Barrette avait plus une image peut-être confrontante ou... Est-ce que vous avez senti que les groupes qui représentent les immigrants, les étudiants étaient contents de vous voir arriver ou, au contraire, ils étaient très prêts à se battre ou... C'était quoi...

Mme Girault : Je vous dirais les deux, en fait. La majorité de l'accueil a été très positif puis positif, entre autres, je vous dirais, parce que je proviens aussi de l'immigration. Mes parents ont immigré ici, donc automatiquement les gens ont une connexion, puis c'est tout à fait normal, parce que moi aussi, je me sens très connectée à ce dossier-là. Mais il reste quand même que leurs récriminations sont là et les manifestations sont là. Ils ont des causes qu'ils veulent défendre, et c'est tout à fait normal. Mais je vous dirais que l'accueil général a été très positif.

Le Modérateur : Valérie Gamache.

Mme Gamache (Valérie) : Est-ce que... puis là je vous posais tantôt la question des pourcentages pour le PEQ, mais est-ce que vous allez revoir à la baisse vos objectifs, carrément, pour ce programme-là?

Mme Girault : Pas pour l'instant. Ce n'est pas dans les cartons, actuellement, de revoir à la baisse. Ce qu'on veut faire, c'est vraiment d'aider les immigrants à se positionner davantage, à être plus intégrés au marché du travail. On pense que l'année, ou les deux ans, ou les 18 mois, dépendant des programmes, qui va être l'exigence de travail par la suite, après la diplomatie, va faire en sorte peut-être de rajuster un peu plus les niveaux. Mais, pour l'instant, il n'est pas question de diminuer les seuils ou de travailler là-dessus.

Mme Gamache (Valérie) : O.K. Donc, c'est potentiellement un autre 15 000 qui se retrouverait, là, dans ce programme-là.

Mme Girault : Bien, il y a différents contextes. Il y a le contexte économique, il y a la COVID aussi qui va changer la donne une peu, les frontières ne sont pas encore ouvertes. Donc, il y a beaucoup de choses qui rentrent là-dedans. On verra. Je vous dirais que votre position est aussi bonne que la mienne, là. Je ne sais pas exactement comment ça va se positionner, mais on va suivre ça de très, très près, c'est évident, pour voir quel impact ça va avoir et comment aussi on peut mieux intégrer et aider à intégrer les gens au marché du travail.

Le Modérateur : Merci à tous. C'est ce qui met fin au point de presse.

Mme Girault : Merci beaucoup.

(Fin à 10 h 50)